May 26, 2021
From June 11th
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Ci-dessous, nous publions la traduction en français d’un appel publiĂ© initialement sur june11.noblogs.org.


Contre une nouvelle annĂ©e d’ingĂ©rence de l’État dans nos vies, contre la restriction de la libre circulation sous les auspices de la « sĂ©curitĂ© Â», contre la brutalisation continue de nos ami.e.s en prison, nous appelons Ă  un renouvellement de la solidaritĂ© le 11 juin 2021 : JournĂ©e internationale de solidaritĂ© avec Marius Mason et tou.te.s les prisonniĂšr.e.s anarchistes de longues peines. Depuis 17 ans, le 11 juin est une occasion de cĂ©lĂ©bration, de deuil et de rĂ©volte. C’est un moment pour respirer, pour se souvenir de celleux qui sont tombĂ©es et de celleux qui sont en cage, pour nous rappeler pourquoi nous restons attachĂ©.e.s Ă  la Belle IdĂ©e de l’anarchisme. Par nos lettres, nos manifestations, nos collectes de fonds et nos attaques solidaires, nous gardons le phare allumĂ© pour celleux qui ont donnĂ© des annĂ©es de leur vie par conviction que l’État est une horreur contre laquelle nous devons parier nos vies.

LA MÉMOIRE RESTE UNE ARME

Le 11 juin est, selon les mots de Christos Tsakalos, une journĂ©e contre l’oubli. Les architectes de la sociĂ©tĂ© carcĂ©rale voudraient que la prison fonctionne comme un trou de mĂ©moire, rejetant nos chĂšres rebelles dans le vide et produisant dans les Ăąmes libres une amnĂ©sie Ă©touffante. Ils veulent que nous oublions celleux qui ont agi contre l’État et l’économie et celleux qui poursuivent leur rĂ©bellion derriĂšre les barreaux. Notre travail de solidaritĂ© avec les anarchistes emprisonnĂ©es est un coup de marteau contre l’oubli : contre les murs de la prison et la sociĂ©tĂ© technologique anesthĂ©siante qui brise tout ce qui a du sens.

Ainsi, nous nous souvenons non seulement de nos ami.e.s derriĂšre les barreaux, mais aussi de celleux qui sont mortes. MarilĂč Maschietto en Italie. L’ancien prisonnier politique Alexei « Socrates Â» Sutuga en Russie. Robert D’Attilio, qui a gardĂ© vivante la mĂ©moire de Sacco et Vanzetti. Doris Ensinger, partenaire de l’anarchiste de toujours et ancien prisonnier Luis Edo. L’infatigable abolitionniste anarchiste Karen Smith. Lucio Urtubia, dont la vie d’expropriations au service de la lutte reste une inspiration.

Enfin : Stuart Christie. La vie et l’exemple de Stuart ont considĂ©rablement influencĂ© nos efforts. De son temps de jeune prisonnier dans l’Espagne de Franco, de la rĂ©surrection de l‘Anarchist Black Cross dans les annĂ©es 1970, Ă  sa persĂ©cution dans les procĂšs de l’Angry Brigade et Ă  son travail d’archivage de l’histoire anarchiste Ă  travers Cienfuegos Press et Christie Books, le travail inlassable de Stuart ne sera pas oubliĂ©. Lui et toutes nos compagnon.ne.s tombĂ©es, que nous les ayons connues personnellement ou non, sont vivantes en esprit dans notre travail cette annĂ©e.

POUR COMBATTRE L’ORDRE ACTUEL

Les administrations pĂ©nitentiaires du monde entier ont rĂ©agi Ă  la pandĂ©mie de COVID-19 en mettant en place des mesures de confinement et en interdisant les parloirs, s’appuyant sur un phĂ©nomĂšne antĂ©rieur visant Ă  remplacer les visites en personne par des appels en visio-confĂ©rence. Le courrier physique est Ă©galement menacĂ©, le systĂšme pĂ©nitentiaire fĂ©dĂ©ral des États-Unis ayant lancĂ© un programme visant Ă  numĂ©riser les lettres et Ă  les rendre accessibles uniquement sur des tablettes coĂ»teuses fournies par une sociĂ©tĂ© sous contrat, Smart Communications. Cela permet une surveillance plus facile et c’est lucratif pour Smart Communications, qui peut facturer des tarifs exorbitants pour l’accĂšs Ă  ses services. Il est probable que cette tendance se poursuive dans les prisons du monde entier. Avec la pandĂ©mie comme alibi, les administrations pĂ©nitentiaires et les entreprises ont accĂ©lĂ©rĂ© la suppression du lien humain direct et le dĂ©placement de la vie des prisonniĂšr.e.s vers la techno-sphĂšre. Les prisonniĂšr.e.s anarchistes ont Ă©tĂ© Ă  la pointe de l’opposition Ă  ce rĂ©gime de contrĂŽle, avec la prisonniĂšre anarchiste MĂłnica Caballero qui a entamĂ© une grĂšve de la faim en 2020 pour demander le rĂ©tablissement des parloirs.

RÉBELLION ET RÉACTION

Un an aprĂšs l’assassinat de George Floyd, notre contexte de luttes est encore fortement imprĂ©gnĂ© par la vague de protestations, d’émeutes et d’organisation qui a suivi. En plus de la nouvelle Ă©nergie, des amitiĂ©s et des pratiques qui sont nĂ©es du soulĂšvement, la rĂ©pression qui a suivi nous affectera, nous et nos luttes, pendant des annĂ©es. Plus de 13 000 arrestations ont Ă©tĂ© effectuĂ©es, avec au moins quelques centaines d’affaires criminelles au niveau des États et plus de 325 affaires fĂ©dĂ©rales. Un nombre inconnu de personnes arrĂȘtĂ©es ont dĂ©jĂ  plaidĂ© coupable ou sont incarcĂ©rĂ©es avant leur procĂšs. Parmi les personnes arrĂȘtĂ©es, on trouve toutes sortes de gens : des jeunes, des vieux, des militant.e.s de longue date, des personnes nouvellement radicalisĂ©es, des personnes trĂšs liĂ©es Ă  des mouvements ou Ă  des luttes, et d’autres trĂšs isolĂ©es. Les caisses de solidaritĂ© (pour les cautions) et les projets de soutien aux prisonniĂšr.e.s existantes ont considĂ©rablement Ă©largi leur champ d’action, et de nombreux nouveaux projets ont vu le jour dans tout le pays. Et certains ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  diminuer, en raison du ralentissement de l’activitĂ© dans les rues, du surmenage et de modĂšles de fonctionnement non viables. Ces projets d’anti-rĂ©pression sont dans la continuitĂ© du soutien Ă  nos prisonniĂšr.e.s de longues peines.

Certaines accusĂ©.e.s lors du soulĂšvement finiront trĂšs probablement par purger de longues peines de prison. Alors que la solidaritĂ© immĂ©diate face Ă  la prison et la solidaritĂ© aux prisonniĂšr.e.s de longues peines continuent, nous sommes maintenant dans une pĂ©riode de transition collective entre les deux. La solidaritĂ© face aux cautions et Ă  la prison, dans les tribunaux, et la solidaritĂ© avec les prisonniĂšr.e.s doivent toutes ĂȘtre faites de maniĂšre Ă  nous rendre plus fortes au lieu de nous Ă©puiser. Certains liens ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  ĂȘtre Ă©tablis entre le mouvement des prisonniĂšr.e.s et le soulĂšvement dans les rues. Jeremy Hammond et ses amis ont enregistrĂ© une vidĂ©o d’une petite manifestation et d’un message de solidaritĂ© depuis la prison du comtĂ© de Grady. L’ancien prisonnier politique de libĂ©ration noire Dhoruba Bin-Wahad a parlĂ© d’un BLM (Black Lives Matter) qui signifie Black Liberation Movement (Mouvement de LibĂ©ration des Noir.e.s) et de l’importance de l’éducation politique. Cette annĂ©e, nous cherchons Ă  approfondir le lien entre les diffĂ©rents aspects de l’anti-rĂ©pression, Ă  intĂ©grer les noms et l’expĂ©rience de nos prisonniĂšr.e.s de longues peines dans les luttes actuelles – que ce soit dans les rues contre la police, dans la forĂȘt contre les pipelines, ou dans la nuit contre les monuments du pouvoir – et Ă  renforcer les rĂ©seaux et les pratiques pour soutenir davantage de camarades allant en prison.

OFFRONS DES FLEURS AUX REBELLES EN CAGE

L’annĂ©e derniĂšre, nous avons assistĂ© Ă  la libĂ©ration de deux prisonniers anarchistes de longue date aux États-Unis : Jeremy Hammond et Jay Chase. En Espagne, l’anarchiste Lisa a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e sous contrĂŽle judiciaire en avril 2021. Nous leur envoyons notre amour et nos salutations adelphiques (fraternelles / sororales) alors qu’ielles s’adaptent Ă  un nouveau terrain de vie.

Malheureusement, beaucoup de nos camarades restent derriÚre les barreaux, et pour elleux nous continuons à nous battre. Eric King attend son procÚs (actuellement prévu pour octobre 2021) pour un incident au cours duquel il a été agressé en prison. Michael Kimble et Jennifer Rose ont tou.te.s deux vu leur demande de libération conditionnelle rejetée. Sean Swain a été contraint de se battre à nouveau contre les restrictions perpétuelles de ses communications par les autorités pénitentiaires.

Marius Mason continue de lutter contre une autre annĂ©e d’emprisonnement et aurait toujours besoin de lettres et d’articles imprimĂ©s pour rester en contact avec le monde extĂ©rieur. Comme d’autres dĂ©tenu.e.s du systĂšme carcĂ©ral amĂ©ricain, il n’a pas reçu de visite en personne depuis plus d’un an. Marius suit actuellement des cours par correspondance pour devenir assistant juridique. La pandĂ©mie a limitĂ© les possibilitĂ©s de collecte de fonds, et les dons peuvent aider Ă  compenser ce changement.

Au moins six anarchistes ont Ă©tĂ© emprisonnĂ©.e.s alors que l’État biĂ©lorusse continue de rĂ©primer le soulĂšvement de 2020-2021. Il s’agit de Dmitry Dubovsky, Igor Olinevich, Sergei Romanov, Dmitry Rezanovich, Mikola Dziadok, et Akihiro Gaevsky-Hanada, dont beaucoup ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© emprisonnĂ©.e.s auparavant.

En GrĂšce, des anarchistes et d’autres personnes ont pris part Ă  des attaques audacieuses contre des entreprises et des cibles Ă©tatiques en solidaritĂ© avec Dimitris Koufontinas, un prisonnier communiste de la guĂ©rilla urbaine qui a entamĂ© une grĂšve de la faim au dĂ©but de l’annĂ©e. Les prisonniers anarchistes Giannis Dimitrakis et Nikos Maziotis ont entamĂ© une grĂšve de la faim Ă  ses cĂŽtĂ©s pendant plus d’un mois pour contribuer Ă  susciter la solidaritĂ©.

MĂłnica Caballero et Francisco Solar ont de nouveau Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©.e.s en juillet 2020, cette fois pour des accusations liĂ©es Ă  des attaques incendiaires contre des ministres du gouvernement et une sociĂ©tĂ© immobiliĂšre. Avec huit autres prisonniĂšr.e.s anarchistes, ielles ont entamĂ© une grĂšve de la faim le 22 mars 2021 pour demander l’abrogation des mesures extrĂȘmement punitives Ă  l’encontre des prisonniĂšr.e.s. Ielles ont Ă©galement exigĂ© la libĂ©ration du prisonnier anarchiste Marcelo Villarroel ainsi que de toutes les prisonniĂšr.e.s mapuches, anarchistes et subversives.

En Italie, Nicola Gai a finalement Ă©tĂ© libĂ©rĂ© de prison, tandis qu’Anna Beniamino et Alfredo Cospito ont Ă©tĂ© condamnĂ©.e.s Ă  16 et 20 ans respectivement pour avoir prĂ©tendument participĂ© Ă  des attentats Ă  la bombe associĂ©s Ă  la FĂ©dĂ©ration Anarchiste Informelle (FAI). En 2020, les prisonniers anarchistes Beppe et Davide Delogu ont entamĂ© une grĂšve de la faim en rĂ©ponse aux mesures punitives prises Ă  leur encontre par l’administration de la prison et ont rapidement Ă©tĂ© rejoints par d’autres prisonniĂšr.e.s anarchistes.

Le 11 juin est issu d’un hĂ©ritage de dĂ©fense des animaux, de la terre et du sauvage. Bien que nous ne cherchions pas Ă  leur attribuer notre anarchisme, nous soutenons les dĂ©fenseuses de la terre et de l’eau selon leurs propres termes. Red Fawn Fallis, en prison fĂ©dĂ©rale suite Ă  des accusations liĂ©es Ă  l’opposition au Dakota Access Pipeline, a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e l’annĂ©e derniĂšre. Rattler, un autre prisonnier de No DAPL, a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© dans une halfway house (centre de rĂ©insertion sociale) au dĂ©but de l’annĂ©e. Jusqu’à sa rĂ©cente libĂ©ration, le protecteur de l’eau Steve Martinez Ă©tait maintenu en dĂ©tention fĂ©dĂ©rale pour refus de coopĂ©rer avec un grand jury. Certain.e.s membres de Kings Bay Plowshares sont maintenant dans des cellules de prison pour leur tĂ©moignage chrĂ©tien radical contre les horreurs de la guerre nuclĂ©aire et de la destruction.

Nous condamnons les opĂ©rations rĂ©pressives contre les anarchistes au Royaume-Uni et les rĂ©seaux mondiaux de contre-information. Le raid de l’État nĂ©erlandais sur les serveurs de nostate.net est une attaque flagrante contre la communication et la solidaritĂ© internationales. Comme les attaques prĂ©cĂ©dentes contre la contre-information et les projets de solidaritĂ© avec les prisonniĂšr.e.s, les actions de l’État montrent clairement que la solidaritĂ© combative avec les prisonniĂšr.e.s et la coordination des attaques informelles sont un danger pour l’ordre. Les polices voudraient que notre solidaritĂ© recule face Ă  leur persĂ©cution, mais nous refusons. Nous sommes pleinement solidaires de celleux qui font face Ă  la rĂ©pression au Royaume-Uni ainsi que des camarades de 325, de l’Anarchist Black Cross Berlin, de Northshore Counter-Info, de Montreal Counter-Info et d’Act for Freedom Now.

Nous voulons Ă©galement exprimer notre solidaritĂ© avec celleux qui ne sont pas des anarchistes auto-identifiĂ©s et celleux qui prennent part aux luttes sociales. Nous voyons l’anarchie comme une tension Ă  travers laquelle nous luttons dans la vie quotidienne. Cela nous amĂšne Ă  regarder au-delĂ  du monde des luttes officielles et des milieux anarchistes, et Ă  trouver l’anarchie et la subversion Ă  travers le monde plus largement.

Partout, des gens agissent de maniĂšre anarchique, y compris beaucoup de celleux qui sont actuellement emprisonnĂ©es. Ce ne sont pas nĂ©cessairement des personnes spĂ©ciales Ă  romancer, des bulldozers de la rĂ©volte dans tous les aspects de la vie. Nous ne prĂ©tendons pas que chaque personne est une anarchiste qui s’ignore et qui, une fois la rĂ©pression psychologique dĂ©passĂ©e, s’épanouira comme telle. Les gens peuvent agir d’une maniĂšre que nous trouvons belle Ă  un moment donnĂ©, puis faire quelque chose que nous dĂ©sapprouvons le moment suivant. Nous exprimons toujours notre solidaritĂ© avec ces personnes parce qu’elles s’engagent dans des actes de refus et de rĂ©volte. Nous ne voyons pas l’anarchie comme une identitĂ© pure qui se fixe sur des personnes particuliĂšres, mais plutĂŽt comme un esprit qui Ă©merge des activitĂ©s qui ouvrent des espaces de libertĂ© et de communautĂ©. En tant qu’anarchistes, nous partageons les joies et les difficultĂ©s de la libertĂ©, ses contradictions et ses complications. Nous ne sommes pas au-dessus des autres, pures arbitres de la libertĂ©, mais des individus capables Ă  la fois de la soumission la plus lĂąche et de la rĂ©bellion la plus audacieuse. PlutĂŽt que de vĂ©nĂ©rer celleux qui semblent incarner le plus nos valeurs, nous allons plutĂŽt entretenir le feu de l’anarchie lĂ  oĂč nous le trouvons.

L’ABOLITION, ET AUTRES MOTS GLISSANTS

MalgrĂ© la gĂ©nĂ©ralisation de l’idĂ©e d’abolition des prisons, plus de 10 millions de personnes sont actuellement enfermĂ©es dans les donjons du monde, un chiffre qui augmente plus vite que l’accroissement de la population. En mĂȘme temps que nous avons vu l’idĂ©e d’abolition se gĂ©nĂ©raliser, nous l’avons Ă©galement vue se mutiler. Si cela a largement concernĂ© l’abolition de la police, les mĂȘmes distorsions doivent ĂȘtre remises en cause dans le discours sur l’abolition des prisons. La ville de Camden, dans le New Jersey, qui a « aboli Â» son service de police en 2013 a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e comme un exemple de rĂ©ussite que d’autres villes pourraient suivre pour lutter contre une force de police raciste et violente, mais le service de police de la ville a simplement Ă©tĂ© remplacĂ© par un service Ă  l’échelle du comtĂ©. Il ne s’agit pas d’une abolition. Tout comme la diminution des financements ou la rĂ©duction du nombre de policiers ne sont pas des abolitions ; comme les commissions d’examen civiles n’ont pas tenu et ne tiendront personne pour responsable ; moins d’argent, moins de Correctional Officers (Ă©quivalent du SPIP) ou plus de comitĂ©s de surveillance n’aboliront pas les prisons. Nous savons que la police et les prisons ne peuvent ĂȘtre abolies de cette sociĂ©tĂ© : elles ont besoin l’une de l’autre. Les prisonniĂšr.e.s politiques, les rebelles des prisons et celleux qui refusent de se soumettre seront parmi les derniĂšres Ă  bĂ©nĂ©ficier du rĂ©pit apportĂ© par les rĂ©formes de l’État. Quand nous disons que nous voulons l’ Â»abolition Â», nous voulons que la police, les prisons ainsi que la sociĂ©tĂ© qui en a besoin cessent d’exister.

QUE LES JEUX COMMENCENT

Nous sommes Ă  la croisĂ©e des chemins. Allons-nous permettre Ă  l’anarchisme de devenir plat et sans couleur, un nouveau mot pour dĂ©crire un vieux cadavre ? Allons-nous nous Ă©vaporer dans le vague gauchisme et son activisme-spectacle fatiguĂ© ? Sommes-nous en train d’abandonner nos principes – solidaritĂ©, entraide, action directe, coopĂ©ration – aux nouveaux gestionnaires de la rĂ©volte ?

Ou bien restons-nous fidĂšles Ă  notre propre lumiĂšre, notre propre vision, notre propre projet ? Le 11 juin reste une lumiĂšre dans l’obscuritĂ© : pour nos camarades en prison, mais aussi pour nous. Notre travail renouvelle notre attachement Ă  la libertĂ© et Ă  la vie collective. Il nous affirme, dans notre doute et notre confusion, que l’anarchie vit dans notre quotidien et nous relie Ă  une histoire riche et vibrante de rĂ©voltes libres. Elle affirme que l’anarchie sera combative ou qu’elle sera morte. La solidaritĂ© avec les prisonniĂšr.e.s anarchistes n’est pas, pour nous, un effort morne, une routine qu’on ressent comme un devoir. C’est un jeu Ă©mancipateur et l’affirmation d’une communautĂ© libre. Voulez-vous nous rejoindre ?

(From Anarchist Bure Cross)




Source: June11.noblogs.org