June 23, 2020
From Warrior Up
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(Technical details are in bold.)

RevendiquĂ© d’une attaque incendiaire contre un transformateur Ă©lectrique

Parmi nous, il y a parfois du doute. Certain, certaine, en ont un peu. D’autres, pas du tout.

Assumerons nous les consĂ©quences d’une coupure d’électricitĂ© Ă  grande Ă©chelle ? Les morts, le chaos que cela engendrerait ? Serions nous, nous-mĂȘme, en mesure de survivre Ă  une telle transformation du monde ? Peut ĂȘtre pas.

Mais il est plus insupportable de laisser le monde tel qu’il est, de ce soumettre au chantage selon lequel ça serait encore pire si les institutions humaines et technologiques n’étaient pas lĂ  pour diriger nos vies Ă  notre place, que d’accepter de prendre des risques en agissant.

Il ne s’agit pas de faire taire nos Ă©ventuels doutes. Il s’agit d’arriver Ă  agir quand mĂȘme. De prendre conscience que si nos actes ont des impacts, causent sans doutes des blessures Ă  des ĂȘtres que nous n’avons pas visĂ©s, notre passivitĂ© est tout aussi meurtriĂšre.

Que les fameux hĂŽpitaux, fourmiliĂšres de bĂ©ton oĂč s’entassent les corps ravagĂ©s et les bons sentiments, qu’il faudrait protĂ©ger Ă  tous prix parce qu’ils permettent de « sauver des vies Â», ont besoin pour fonctionner d’un approvisionnement en Ă©lectricitĂ© et autres matiĂšres premiĂšres, qui eux, Ă  n’en pas douter, tuent.

La paix technologique perfusĂ©e en masse est un mensonge. Le monde connectĂ© se construit sur un charnier, et se nourrit de morts et de destruction. Et les belles images de tablettes dans les Ă©coles et les ephad n’y changeront rien. Les apĂ©ros sur skype ont le goĂ»t du sang. Les doutes que l’on peut ressentir, sont les traces de la mascarade humaniste et Ă©tatique qui nous raconte que ce systĂšme nous est indispensable. Que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, et qu’il serait intolĂ©rable et irresponsable que des individus agissent Ă©goĂŻstement et nuisent au commun. L’heure n’est pas au dĂ©bat sur l’égoĂŻsme. Notre volontĂ© est de briser le mythe selon lequel le laisser faire n’a pas de consĂ©quences. Le commun ne nous intĂ©resse guĂšre, mais il reste juste de mentionner que celui dont il est question se limite Ă  une certaine catĂ©gorie de la population humaine, et ne concerne certainement pas l’ensemble des ĂȘtres qui vivent sur ce gros caillou que l’on appelle Terre.

Il nous semblera toujours prĂ©fĂ©rable d’agir avec d’éventuels doutes, que de laisser ces derniers nourrir un sentiment d’impuissance.

Parce que de notre impuissance surgirait notre mort, et que ce que nous voulons par dessus tout, c’est vivre. Vivre en rendant les coups que l’on nous porte. Vivre sans la mĂ©diation humaine et technologique, qui s’impose entre nous, et le reste du monde. Et lorsque l’on prend conscience de notre conditionnement, lorsque l’on pense Ă  toute l’horreur qu’engendre ce monde, nos Ă©ventuels doutes font pale figure.

Nous nous sommes attaquĂ© au rĂ©seau Ă©lectrique, parce que sans lui, aujourd’hui, cette civilisation s’effondre. Nous ne souhaitons pas un retour Ă  un temps passĂ© quelconque. Nous n’avons pas l’illusion sur le fait que des civilisations se sont bĂąties sans Ă©lectricitĂ©. Tout ce que nous savons, c’est que celle ci s’en est rendue trop dĂ©pendante pour pouvoir faire sans. Et que c’est lĂ  un de ces points faibles. Et bien que nous en soyons les enfants, et qu’il ne pourrait en ĂȘtre autrement, nous luttons pour tuer les germes qu’elle a pu laisser en nous. Nous luttons contre notre domestication, contre notre soumission aux normes, contre nos lĂąchetĂ©s et notre goĂ»t pour la sĂ©curitĂ©.

Mais nous utilisons certains des outils qu’elle nous procure. Parce qu’il n’est plus possible de communiquer entre rebelles en faisant des signaux de fumĂ©e, et qu’il nous intĂ©resse encore de poser des mots sur nos actes, qu’ils puissent toucher qui veut bien les lire, et qu’ils puissent eux aussi, ĂȘtre une composante non nĂ©gligeable de nos attaques contre la docilitĂ©, les gens qui la crĂ©e et les gens qui la dĂ©fende. Nombreux sont les actes de destruction autour de nous ces derniers temps.

Merci aux mains courageuses qui refusent d’ĂȘtre confinĂ©es en ces temps oĂč mĂȘme une partie du milieu « radical Â» voudrait nous voir rester chez nous, parce qu’il est plus important d’ĂȘtre safe que d’essayer d’ĂȘtre libre.

Merci Ă  celles et ceux pour qui Ă©crire a du sens, parce qu’il est nĂ©cessaire de partager nos rĂ©flexions, que nos actes rĂ©sonnent avec les intentions qui nous animent. Parce que lire des textes d’appel Ă  l’attaque, d’analyses acĂ©rĂ©es ou des revendications participe Ă  façonner nos propres pensĂ©es, Ă  concevoir de nouvelles stratĂ©gies pour attaquer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous souhaitons inscrire notre attaque dans l’appel au conflit lancĂ© par le texte « En mai fais ce qui te plaĂźt: un appel au conflit« , dont nous avons fais nĂŽtres les nombreuses questions, et auxquelles nous avons voulu, par notre attaque, apporter des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses. Parce que quoi qu’on en dise, ces Ă©crits sortent de l’horreur dĂ©matĂ©rialisĂ©e d’internet, pour nourrir dĂ©bats, rĂ©flexions, et donner de la force aux vivants.

On fait des tentatives, parfois sans mĂȘme savoir exactement ce que l’on va toucher. La seule chose que l’on sait, c’est que de par nos actes, les choses ne resterons pas intactes.

Nous avons choisi d’attaquer un transformateur Ă©lectrique, sans savoir quels dĂ©gĂąts nous allions occasionner, mais en espĂ©rant de beaux arcs Ă©lectriques, beaucoup de fumĂ©e, et quelques lumiĂšres en moins, pour laisser la part belle Ă  la pleine lune. Nous n’avons pas besoin de plus pour nous Ă©clairer, et les lumiĂšres artificielles sont des outrages Ă  la beautĂ© de la nuit.

Nous portions en nous la mĂ©moire fantasmĂ©e de toutes les Ăąmes tourmentĂ©es qui se sont rebellĂ©es contre les civilisations qui tentaient de dĂ©truire leurs vies sauvages ; lorsque nous avons approchĂ© du site, dans les alentours d’Aubenas. Nous avons allumĂ© six foyers, principalement sur des cĂąbles rassemblĂ©s sous des dalles de bĂ©ton, bruyantes mais faciles Ă  soulever. Nous avons pris soin de ne pas toucher les structures mĂ©talliques, et hormis une lĂ©gĂšre gĂšne, un sentiment de bourdonnement dans le crĂąne, il ne nous est rien arrivĂ© de fĂącheux en nous baladant dans ce terminal de trois lignes Ă  haute tension. Quand nous avons quittĂ© le site, nos corps tendus par l’adrĂ©naline, et des sourires cachĂ©s sous nos caches cols, les feux avaient bien pris. Malheureusement, les lumiĂšres artificielles qui nous entouraient ne se sont pas Ă©teintes. Nous ne sauront probablement jamais quels sont les dĂ©gĂąts occasionnĂ©s sur le rĂ©seau, parce que les mĂ©dias n’en n’ont pas parlĂ©. Raison de plus pour que nous le fassions, pour que nous ne leur laissions pas l’opportunitĂ© de passer sous silence nos agissements. Vraisemblablement, ni la ville ni les vallĂ©es alentours n’ont subis de dommages notables. Tant pis. Il s’agissait d’une tentative. Le seul moyen concret de savoir oĂč il est pertinent d’attaquer, c’est d’essayer partout. Nous ne doutons pas qu’il y aura de nouvelles tentatives.

Nos cƓurs brĂ»lent d’éteindre ce monstre machine une fois pour toute. Parce que la haine et le dĂ©goĂ»t pour la masse humaine civilisĂ©e suintent par tous les pores de nos peaux. Parce que les seules lumiĂšres que l’on aime la nuit, sont celles des flammes et des reflets de la lune.

Des Rejetons du DĂ©sastre.

From Attaque




Source: Warriorup.noblogs.org