May 16, 2021
From Libertarian Labyrinth
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« L’en dehorisme »

Qu’est en rĂ©sumĂ©, ce qu’on appelle « l’endehorisme » — mot barbare s’il en fut — et que condense la ligne de conduite idĂ©ologique qu’on trouve sur la couverture de chacun de nos fascicules ?

Nous partons de ce principe qu’aucun contrat, qu’aucune entente, qu’aucun essai de vie Ă  plusieurs ne peut ĂȘtre tentĂ© si le partenaire auquel on a affaire n’est pas propriĂ©taire de son moi — un « unique ».

Le propriĂ©taire de son moi est celui qui n’est asservi Ă  aucun dogme, Ă  aucune influence extĂ©rieure, Ă  aucune pression psychologique du conglomĂ©rat sociĂ©taire. Celui qui considĂšre les idĂ©es qu’il professe, les pratiques auxquelles il s’adonne comme un dogme, un article de credo ou de codĂ© n’est ni un « unique », ni un « en dehors ».

Le propriĂ©taire de son moi, l’unique, l’en dehors, peut se comporter dans sa vie de telle ou telle façon — ĂȘtre uniciste ou pluraliste en amour ; vĂ©gĂ©tarien, vĂ©gĂ©talien, frugivore, crudivore ou omnivore en fait d’alimentation ; opiner pour l’isolement ou pour l’association ; ĂȘtre partisan de la propriĂ©tĂ© et de la libre disposition du produit personnel — ou de la mise en commun de tout ou de partie de la production ou encore de la « mise et de la prise au tas » — du troc, d’une valeur d’échange, etc. etc. Cela importe peu. La seule chose indispensable est que ce ne soit pas un dogme dont il soit l’asservi et dont il veuille rendre les autres esclaves. Ces opinions, ces conceptions ne peuvent ĂȘtre que des prolongements de son individualitĂ©, c’est-Ă -dire des moyens, des intermĂ©diaires par lesquels se manifeste, s’affirme son individualitĂ©, sa personnalitĂ©. Il n’est pas « liĂ© » Ă  toujours par ses « maximes » ; il en change si elles impliquent pour lui contrainte pour la manifestation de son individualitĂ©, diminution de l’affirmation de sa personnalitĂ©.

Ici, oĂč l’on tient pour l’Association — oĂč l’on se proclame volontiers « individualiste associationniste » — on ne conçoit cette association qu’entre uniques, « en dehors », propriĂ©taires de leur moi — entre individus que rien ne possĂšde — ni croyances, ni foi, ni morales, ni utopies, ni systĂšmes, ni a priori, ni philosophies, ni mystiques d’aucun genre.

Ici, on ne conçoit l’association qu’entre individus Ă  l’état de « nuditĂ© intĂ©grale » si je puis m’exprimer ainsi, c’est-Ă -dire en pleine possession de leur ĂȘtre psychologique.

C’est seulement Ă  ceux-lĂ , la violence extĂ©rieure Ă©tant absente, que les clauses d’un contrat peuvent ĂȘtre prĂ©sentĂ©es en toute assurance. LibĂ©rĂ©s de toute contrainte ou astreinte dogmatique, ils les refusent ou lĂšs acceptent selon que leur individualitĂ© s’y affirme ou non. S’ils les acceptent on peut tenir pour certain qu’ils les accompliront et que si le jour vient oĂč ces clauses ne rĂ©pondent plus Ă  la manifestation de leur personnalitĂ©, ils les dĂ©nonceront avec le prĂ©avis dĂ©terminĂ© Ă  l’avance. Il y a en effet des contrats d’association qu’on ne peut rĂ©silier sans prĂ©avis, Ă©tant donnĂ© le tort susceptible d’ĂȘtre causĂ© aux autres associĂ©s. Ce tort, Ă  ce moment-lĂ , est synonyme de contrainte. Et peu importe le but, le dessin, l’expĂ©rience poursuivie par le contrat d’association : Ă©conomique, sexuel, Ă©ducatif, rĂ©crĂ©atif, etc.

Il n’est de vraie camaraderie, de camaraderie sur laquelle on puisse compter qu’entre propriĂ©taires de leur moi (uniques, « en dehors »). Comment escompter la camaraderie effective, pratique ou mĂȘme simplement intellectuelle de quelqu’un possĂ©dĂ© par une chose extĂ©rieure Ă  lui : Dieu, famille, Ă©ducation, devoirs civiques, affaires, etc. ?

Ceci a Ă©tĂ© dĂ©jĂ  exprimĂ© — et en mieux — mais il n’est pas mauvais, de temps Ă  autre, de revenir Ă  nos bases de dĂ©part. — E. Armand.

« En-dehorism »

What, in short, is it that is called « en-dehorism » — a barbarous word if ever there was one — and what summarizes the line of ideological conduct that we find on the cover of each of our issues?

We begin from the principle that no contract, no agreement, no attempt at life together can be attempted if the partner with whom we are dealing is not the proprietor of their self — a  « unique ».

The proprietor of their self is the one who is the slave of no dogma, no external influence, no psychological pressure pressure from the social conglomerate. The one who considers the ideas that they profess or the practices to which they devote themselves as a dogma, an article of a credo or code, is neither a « unique », nor an « en-dehors ».

The proprietor of their self, the unique, the en-dehors, can conduct their life in one manner or another — be unicist or pluralist in love; vegetarian, vegan, frugivore, raw-foodist or omnivore in matters of nutrition; assent to isolation or association; be partisan of property and the free disposition of individual products — or of making all things common, of possession in proportion to production or else of “putting on and taking from the pile” — of barter, exchange-value, etc. etc. It matters little. The only essential thing is that it not be a dogma to which they are subject and to which they wish to make others slaves. These opinions, these conceptions can only be extensions of their individuality, of the means and intermediaries by which their individuality, their personality is manifested and affirmed. They are not “bound” forever by their “maxim;” they change them if they entail constraints on the manifestation of their individuality, a decrease in the assertion of their personality.

Here, where we declare for Association — where we willingly declare ourselves “associationist individualists” — we only conceive of that association as between uniques, « en-dehors », proprietors of their selves — between individuals possessed by nothing — neither beliefs, nor faith, nor morals, nor utopias, nor systems, nor a prioris, nor philosophies, nor mysticisms of any sort.

Here, we conceive of the association only in the state of “complete nakedness,” if I can put it that way, in full possession of their psychological being.

It is only to those individuals, external violence being absent, that the terms of a contract can be presented with confidence. Freed from any dogmatic constraint or obligation, they refuse or accept them depending on whether their individuality is affirmed or not. If they accept them, it can be taken for granted that they will fulfill them and that if the day comes when these clauses no longer correspond to the manifestation of their personality, they will condemn them with the notice determined in advance. There are indeed contracts of association that cannot be terminated without notice, given the harm likely to be caused to other associates. This wrong, at that time, is synonymous with coercion. And it matters little the purpose, the design, the experience pursued by the contract of association: economic, sexual, educational, recreational, etc.

There is true camaraderie, camaraderie on which we can rely, only between proprietors of their selves (uniques, « en-dehors »). How could we count on the effective, practical or even simply intellectual camaraderie of someone possessed by something external to them: God, family, education, civic duties, business, etc. ?

This has already been expressed — and better expressed — but it is not bad, from time to time, to return to our points of departure. — E. Armand.




Source: Libertarian-labyrinth.org