June 23, 2020
From Warrior Up
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“ Tout groupe terroriste qui souhaiterait mettre un pays à genoux a les moyens de le faire. ”
GrĂ©goire Chambaz, Capitaine de l’armĂ©e suisse, au sujet des attaques sur le rĂ©seau Ă©lectrique

Qu’ont en commun les aĂ©roports, les installations de traitement de l’eau, les stations-service et les machines Ă  espresso ? Une dĂ©pendance Ă  l’égard d’un rĂ©seau fiable et stable de production et de distribution d’électricitĂ©. Dans le monde entier, nos rĂ©seaux Ă©lectriques sont vieillissants, sur-sollicitĂ©s, et de plus en plus exposĂ©s aux attaques. La centralisation et l’interdĂ©pendance accrue de ces rĂ©seaux signifient que le risque de dĂ©faillance Ă  grande Ă©chelle n’a jamais Ă©tĂ© aussi grand. La prochaine fois que les lumiĂšres s’éteindront, elles pourraient ne plus jamais s’allumer.

Avant toute chose, imaginons ce que provoquerait une coupure de courant gĂ©nĂ©ralisĂ©e (un blackout). D’abord, les lumiĂšres, les vidĂ©oprojecteurs et ordinateurs s’éteignent. Faute de pouvoir travailler ou Ă©tudier, vous cherchez donc Ă  sortir. Il s’avĂšre que la plupart des portes automatiques et portiques ne marchent plus, mais finalement vous parvenez Ă  regagner la rue.

Vous souhaitez peut-ĂȘtre manger quelque chose. Cela dit, vous rencontrez plusieurs problĂšmes. PremiĂšrement, si vous n’avez pas de monnaie, vous ne pouvez rien acheter, car la carte bancaire a besoin du rĂ©seau pour fonctionner. Au bout de quelques heures, l’ensemble des denrĂ©es qui Ă©taient congelĂ©es dans les restaurants et supermarchĂ©s doivent ĂȘtre consommĂ©es ou jetĂ©es, ce qui entraine d’énormes pertes. Enfin, la plupart des plaques de cuisson Ă©tant Ă©lectriques, vous devez probablement ressortir votre rĂ©chaud de camping pour pouvoir cuisiner.

Bien Ă©videmment, les avions sont immĂ©diatement clouĂ©s au sol faute de contrĂŽle aĂ©rien. Les trains et transports publics (tram, mĂ©tro) marchent Ă  l’électricitĂ©, ils sont Ă©galement Ă  l’arrĂȘt. La circulation terrestre est gĂȘnĂ©e, car les feux de circulation sont Ă©teints, provoquant accidents et ralentissements. Cependant, cela ne dure pas bien longtemps : les pompes Ă  essence fonctionnent aussi Ă  l’électricitĂ©. BientĂŽt, les routes se vident.

Les Ă©changes monĂ©taires cessent, la bourse s’interrompt immĂ©diatement. Sans informatique, sans communication, sans transport, la plupart des activitĂ©s Ă©conomiques s’arrĂȘtent.

Vous suivez toutes ces informations avec attention. Puis vos tĂ©lĂ©phones, les antennes relais et les postes Ă©metteurs n’ont plus d’énergie en stock. À partir de lĂ , les nouvelles ne vous parviennent que de maniĂšre sporadique. Les dĂ©cideurs aussi naviguent Ă  vue : sans instruments de contrĂŽle ou de communication centralisĂ©s, ils sont assez impuissants.

Le blackout : un super-risque

Vous l’aurez compris, l’électricitĂ© est critique. Elle est nĂ©cessaire pour tous les pans de notre activitĂ©, et nous ne savons plus vivre sans. Voici ce qu’explique GrĂ©goire Chambaz :

En quoi le risque de blackout est-il si singulier ? Avant tout, il s’agit d’un risque directement liĂ© Ă  un secteur critique, ce qui n’est pas le cas d’une pandĂ©mie ou d’une crise Ă©conomique. Ce secteur critique, c’est l’approvisionnement en Ă©lectricitĂ©. En effet, sans Ă©lectricitĂ©, nos sociĂ©tĂ©s ne pourraient pas fonctionner. Si elles peuvent se permettre de se passer quelques jours de pĂ©trole, une coupure de courant les affecte immĂ©diatement.

Comment cela se fait-il ? Pour deux raisons principales. La premiĂšre, c’est que l’électricitĂ© irrigue tous les autres secteurs et infrastructures critiques. Ceux-ci sont pratiquement incapables de fonctionner sans elle. La deuxiĂšme raison, c’est que le blackout paralyse les deux secteurs critiques les plus importants aprĂšs l’électricitĂ©, Ă  savoir les tĂ©lĂ©communications et les systĂšmes d’information. Sans eux, la coordination devient trĂšs difficile, surtout lors d’une situation de crise comme celle d’une coupure de courant. Cette centralitĂ© de l’électricitĂ© a Ă©tĂ© mise en Ă©vidence en 2010 dans un rapport de l’Office fĂ©dĂ©ral de la protection de la population (OFPP) sur la criticitĂ© des secteurs critiques. L’OFPP y dĂ©finit la criticitĂ© comme « l’importance relative d’un secteur critique en fonction des effets que son arrĂȘt ou sa destruction auraient pour l’économie et la population Â».

Dans ce cadre, le rapport effectue une Ă©valuation qualitative (sur quatre degrĂ©s : 0, 1, 2, 3) de l’importance de chaque secteur critique par rapport aux autres. Les rĂ©sultats font apparaĂźtre la centralitĂ© de l’approvisionnement Ă©lectrique, touchant plus de secteurs que tout autre et provoquant le plus d’effets sur l’ensemble (voir tableau ci-dessous). Les systĂšmes d’information et les tĂ©lĂ©communications passent respectivement en deuxiĂšme et troisiĂšme position. À l’inverse, les secteurs les plus vulnĂ©rables Ă  l’arrĂȘt des autres sont les services de secours et hĂŽpitaux. En consĂ©quence, la criticitĂ© de l’approvisionnement Ă©lectrique dĂ©termine le blackout comme le risque plus important et motive sa qualification de « super-risque Â».

“Le blackout, un « super-risque Â» : Une explication par la criticalitĂ©â€œ, G. Chambaz, RMS No 05-2018 (cf. plus bas)

Recouvrement du réseau

Quand tout le rĂ©seau Ă©lectrique s’est effondrĂ©, redĂ©marre-t-il en quelques instants ? Pas si simple. C’est une Ă©tape trĂšs dĂ©licate, parce que la demande doit ĂȘtre en permanence ajustĂ©e Ă  l’offre, alors que les consommateurs veulent juste utiliser de l’électricitĂ©. Cette reconstruction se fait petit Ă  petit, secteur par secteur, le tout sans tĂ©lĂ©communication. Cela peut s’étaler sur des mois. Si le blackout ne dure qu’une journĂ©e, la rĂ©cupĂ©ration est rapide. S’il dure plus de 48 h, la rĂ©cupĂ©ration du rĂ©seau est moins probable, voire impossible. Tous les instruments qui pilotent les rĂ©seaux sont alimentĂ©s eux-mĂȘmes en Ă©lectricitĂ©, ils ont une autonomie de 2 Ă  5 jours. Une fois qu’ils n’ont plus de batterie, il faut se rendre sur place pour les redĂ©marrer, de maniĂšre synchronisĂ©e avec le reste du rĂ©seau, toujours sans tĂ©lĂ©communication. Si l’on n’a pas rĂ©tabli le rĂ©seau au bout de 5 jours, il ne pourra pas l’ĂȘtre sans aide extĂ©rieure. Si le blackout est rĂ©gional, il y a des services d’urgence et de rĂ©paration qui peuvent ĂȘtre dĂ©pĂȘchĂ©s. S’il est national ou continental, la situation peut perdurer voire mĂȘme ĂȘtre fatale pour le rĂ©seau.

Ce scĂ©nario — catastrophique pour certains, rĂȘvĂ© pour d’autres —semble en tout cas irrĂ©aliste. Et pourtant
 Ce rĂ©seau dont nous dĂ©pendons tant est loin d’ĂȘtre aussi solide qu’on pourrait le croire. Cela notamment Ă  cause d’un Ă©lĂ©ment : les transformateurs.

Les transformateurs, piÚces centrales du réseau

On trouve des transformateurs Ă  tous les niveaux du rĂ©seau. Le rĂŽle d’un transformateur est simplement de modifier la tension de l’électricitĂ©. Certains l’augmentent pour qu’elle puisse circuler sur de longues distances (sur des lignes « haute tension Â»), d’autres la baissent afin qu’elle corresponde Ă  la tension de nos prises de courant. Ils sont donc nĂ©cessaires pour raccorder les diffĂ©rentes piĂšces du rĂ©seau.

Il y a de trÚs nombreux transformateurs, des petits, standardisés, qui se trouvent toutes les 3 à 4 maisons. En cas de défaillance, ceux-ci sont facilement remplacés. Et puis il y a ceux qui passent de la haute à la basse tension, qui sont énormes (et vieillissants). Ce sont ces derniers qui nous intéressent.

Ces choses sont monstrueuses, elles coĂ»tent des millions d’euros, pĂšsent jusqu’à 350 tonnes. Elles font la taille de conteneurs d’expĂ©dition, entiĂšrement constituĂ©es d’acier et de cuivre (mĂ©taux qui participent pour moitiĂ© au prix exorbitant du matĂ©riel). La fabrication de tels Ă©quipements est longue (5 Ă  20 mois), car ils sont Ă©laborĂ©s sur mesure. En gĂ©nĂ©ral, une seule piĂšce est construite Ă  la fois pour chaque modĂšle, il n’y a donc pas de piĂšces de rechange ni de piĂšces interchangeables. De ce fait, les rĂ©parations sont Ă©galement trĂšs longues et complexes.

Leur transport est aussi un casse-tĂȘte. Le moyen le plus courant est le rail, mais seuls des wagons spĂ©cialisĂ©s peuvent supporter le poids. En France, c’est la STSI qui effectue ce genre de transport, elle dispose en tout de 10 wagons spĂ©ciaux. Aux États-Unis, ce sont seulement 30 wagons qui existent. Si le lieu n’est pas accessible en chemin de fer, le dĂ©placement se fait par la route. On utilise alors des semi-remorques spĂ©cialisĂ©s, des « chenilles Â», dotĂ©s de 200 roues. Ils ont besoin d’autorisation pour traverser n’importe quelle municipalitĂ©, et il faut modifier la voirie et dĂ©placer des lignes Ă©lectriques pour permettre le passage. Bref, vous l’aurez compris, la construction comme le dĂ©placement des transformateurs fait qu’ils ne sont pas facilement remplaçables.

Criticité des transformateurs

Nous l’avons dit, les transformateurs sont essentiels pour le rĂ©seau. Ils sont installĂ©s dans ce qu’on appelle des sous-stations, entourĂ©es de murs et de grillage. Certaines sous-stations sont trĂšs critiques. Lorsqu’un transformateur tombe en panne, cela peut avoir des effets en cascade sur l’ensemble du rĂ©seau. À titre d’exemple, il y a 55 000 sous-stations aux États-Unis. 350 d’entre elles sont les plus critiques. Des Ă©tudes rĂ©alisĂ©es par le gouvernement Ă©tats-unien et des entreprises publiques estiment qu’à peine 9 sous-stations mises hors services pourraient faire tomber le rĂ©seau amĂ©ricain dans son ensemble pendant 18 mois. Souvenons-nous des consĂ©quences d’un blackout de 5 jours. 18 mois seraient fatal pour le rĂ©seau.

Protection des transformateurs

Au vu de la criticitĂ© de tels Ă©quipements, on s’attendrait Ă  ce qu’ils soient ultra-protĂ©gĂ©s. En rĂ©alitĂ©, la sĂ©curitĂ© des postes est si dĂ©ficiente qu’elle en est parfois comique.

Par exemple, une sous-station en Arizona — la sous-station Liberty — est une importante sous-station qui relie de nombreux Ă©tats du Nord et du Sud sur le rĂ©seau occidental. Et en 2013, une sĂ©rie d’attaques physiques ont Ă©tĂ© menĂ©es contre cette station.

D’abord, quelqu’un a coupĂ© les cĂąbles de fibre optique de Liberty, ce qui a dĂ©sactivĂ© les communications pendant quelques heures. Ils n’ont jamais compris qui avait rĂ©alisĂ© cela, ni pour quelle raison. Mais deux semaines plus tard, de multiples alarmes ont commencĂ© Ă  se dĂ©clencher dans un centre de contrĂŽle voisin, signalant que quelque chose n’allait pas Ă  la sous-station. Ces alarmes se sont dĂ©clenchĂ©es pendant deux jours avant que quelqu’un ne soit envoyĂ© pour vĂ©rifier. Quand ils sont arrivĂ©s, ils ont dĂ©couvert que la clĂŽture avait Ă©tĂ© ouverte, que le bĂątiment de contrĂŽle avait Ă©tĂ© cambriolĂ© et qu’on avait utilisĂ© plusieurs des ordinateurs sur place. Lorsque l’équipe de sĂ©curitĂ© a vĂ©rifiĂ© les enregistrements des camĂ©ras, elle a rĂ©alisĂ© que la plupart d’entre elles pointaient vers le ciel.

Ils ont donc installĂ© de nouvelles camĂ©ras. Mais deux mois plus tard, une nouvelle effraction a eu lieu dans la mĂȘme station. Lorsqu’ils ont vĂ©rifiĂ© les nouvelles camĂ©ras, ils ont dĂ©couvert qu’aucune d’entre elles ne fonctionnait parce qu’elles n’avaient pas Ă©tĂ© programmĂ©es correctement. Si cet exemple vous a choquĂ©, un autre exemple est encore plus frappant.

L’exemple de l’attaque Metcalf

En 2013 a eu lieu l’attaque la plus mystĂ©rieuse et intĂ©ressante du rĂ©seau Ă©lectrique 6. Nous sommes donc Ă  Coyote, en Californie, un peu en dehors de San Jose. À cet endroit, une entreprise appelĂ©e Metcalf possĂšde une sous-station qui transmet une bonne partie de l’électricitĂ© de la Californie.

La nuit du 17 avril 2013, vers 1 heure du matin, quelqu’un s’introduit dans une chambre forte juste Ă  cĂŽtĂ© de la sous-station et coupe des cĂąbles de fibre optique. Il a fallu un peu de temps Ă  l’opĂ©rateur pour s’en rendre compte. Dix minutes plus tard, une autre sĂ©rie de cĂąbles est coupĂ©e dans une autre chambre forte Ă  proximitĂ©.

30 minutes plus tard, une camĂ©ra de sĂ©curitĂ© de la sous-station remarque une traĂźnĂ©e de lumiĂšre au loin. Les enquĂȘteurs comprendront plus tard que cette traĂźnĂ©e de lumiĂšre Ă©tait un signal lumineux effectuĂ© avec une lampe de poche. ImmĂ©diatement aprĂšs – c’est-Ă -dire Ă  1 h 31 du matin — la camĂ©ra enregistre au loin le flash des fusils et les Ă©tincelles des balles frappant le grillage de la clĂŽture. Toute cette action dans la camĂ©ra dĂ©clenche une alarme. Il est 1 h 37 du matin, quelques minutes aprĂšs le dĂ©but des tirs.

À 1 h 41, 10 minutes aprĂšs le signal, le dĂ©partement du shĂ©rif reçoit un appel au 911 ; c’était en fait l’ingĂ©nieur de la centrale qui avait entendu les coups de feu. Le shĂ©rif alertĂ© arrive 10 minutes plus tard, mais dĂ©jĂ , tout est calme. Il est arrivĂ© une minute aprĂšs qu’un autre signal de lampe de poche entraĂźne la fin de l’attaque.

Sur quoi tiraient les attaquants ? Justement, sur ces trĂšs gros transformateurs.

Les transformateurs sont en fait des choses physiquement simples, ce ne sont que des fils de cuivre enroulĂ©s dans de grosses cages mĂ©talliques. Mais les transformateurs chauffent, Ă©normĂ©ment, et sont donc refroidis. Pour ce faire, ils ont des rĂ©servoirs avec un liquide de refroidissement. Les tirs ont ciblĂ© ces rĂ©servoirs de liquide, ils y ont fait des centaines de trous puis le liquide s’est Ă©chappĂ©. La police est arrivĂ©e et n’a rien remarquĂ©, il faisait sombre, on ne peut pas leur en vouloir. Plus de 200 000 litres d’huile se sont lentement Ă©coulĂ©s. AprĂšs un petit moment, les transformateurs ont surchauffĂ© et explosĂ©. Un travailleur est arrivĂ© quelques heures plus tard pour constater les dĂ©gĂąts, mais c’était dĂ©jĂ  fait.

Cette attaque a alarmĂ© les pouvoirs publics. Le FBI a enquĂȘtĂ©. Ils ont trouvĂ© des balles provenant de l’endroit oĂč les attaquants avaient tirĂ©, mais les empreintes digitales avaient Ă©tĂ© nettoyĂ©es. Ils ont trouvĂ© des pierres marquant l’endroit oĂč les attaquants devaient tirer, ce qui signifie qu’ils avaient dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© ce site et savaient exactement oĂč se prĂ©senter pour infliger un maximum de dĂ©gĂąts. Le fait d’avoir ciblĂ© le rĂ©servoir de refroidissement montre qu’ils savaient quoi cibler pour gĂ©nĂ©rer des dĂ©gĂąts.

17 des 21 transformateurs de la sous-station ont Ă©tĂ© mis hors service. Il en aurait suffi d’un ou deux supplĂ©mentaires pour mettre la Californie dans le noir

L’attaque a Ă©tĂ© qualifiĂ©e d’attaque terroriste sophistiquĂ©e, exĂ©cutĂ©e par une Ă©quipe de tireurs d’élite. On a pensĂ© qu’elle pouvait ĂȘtre un essai pour une attaque plus importante sur le rĂ©seau Ă©lectrique de la nation. Sauf que, selon le FBI, l’attaque n’était pas particuliĂšrement difficile Ă  rĂ©aliser, et elle aurait pu ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par une personne seule, et cette personne n’était pas particuliĂšrement prĂ©cise dans ses tirs. « Nous ne pensons pas qu’il s’agissait d’une attaque sophistiquĂ©e Â», a dĂ©clarĂ© John Lightfoot, qui gĂšre les efforts de lutte contre le terrorisme du FBI dans la rĂ©gion de la Baie. « Il ne faut pas un trĂšs haut degrĂ© de formation ou d’accĂšs Ă  la technologie pour mener Ă  bien cette attaque Â». Quoi qu’il en soit, le FBI n’a aucune piste Ă  ce jour.

17 des 21 transformateurs de la sous-station ont Ă©tĂ© mis hors service. Il en aurait suffi d’un ou deux supplĂ©mentaires pour mettre la Californie dans le noir. En l’occurrence, la compagnie d’électricitĂ© a pu rapidement contourner la sous-station. La Silicon Valley a continuĂ© Ă  avoir de l’électricitĂ©, bien qu’on leur ait demandĂ© de rĂ©duire leur consommation d’énergie pour la journĂ©e. Les dommages ont Ă©tĂ© rĂ©parĂ©s en 27 jours. Si plusieurs sous-stations avaient Ă©tĂ© touchĂ©es dans cette pĂ©riode, empĂȘchant ainsi le re-routage, cela aurait pu ĂȘtre une toute autre histoire

Pour aller plus loin :

NdAtt. : cet article est issu du blog www.vert-resistance.org, reproduit ici sans demander rien Ă  personne (mais avec des compliments pour le bon travail).

* Note d’Attaque : on remarquera que les militaires suisses ont pris en compte les effets qu’une Ă©pidĂ©mie pourrait avoir sur le rĂ©seau Ă©lectrique de leur pays – Ă  p. 39 (quatriĂšme du fichier) on lit par exemple qu’à leur avis « Une pandĂ©mie peut grandement rĂ©duire le nombre d’employĂ©s du secteur Ă©lectrique, ceux-ci Ă©tant malades, ou absents soit pour s’occuper de leurs proches, soit parce qu’ils craignent pour leur santĂ©. Dans ces conditions, le rĂ©seau Ă©lectrique pourrait ne plus suffisamment ĂȘtre encadrĂ©, un facteur de vulnĂ©rabilitĂ© pouvant mener Ă  un blackout. Â»




Source: Warriorup.noblogs.org